26 février 2007
Les intellectuels soutiennent Ségolène Royal
Pendant quelques semaines, certains intellectuels de gauche ont rejoint Sarkozy avec force de résonance médiatique. En réaction, les soutiens des intellectuels à Ségolène Royal ont depuis quelques jours été nombreux à émerger.
Voici notamment le témoignage de Thomas Piketty, directeur d'étude à l'EHESS (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales) et directeur de l'EEP (Ecole d'Economie de Paris) :
Thomas Piketty AntiSarko
envoyé par perso-antisarko
Derrière le vote Bayrou, Sarkozy (Libération du 23/03/06)

par Benoît Hamon député européen,
secrétaire national à l'Europe du Parti socialiste.
François Bayrou se propose de nommer un Premier ministre de gauche. Encore faudrait-il qu'un dirigeant de gauche veuille conduire une politique de droite ! Car il faut dissiper l'illusion de cette campagne présidentielle : la troisième voie centriste et libérale.
François Bayrou défie désormais Sarkozy et ses protecteurs. Sa pugnacité récente à débusquer la main invisible des puissances de l'argent derrière les actes de Sarkozy plaît à quiconque s'inquiète de la confusion des genres entre les intérêts privés et l'intérêt public. Il pose ingénument deux questions aux Français : pourquoi le gouvernement idéal ne naîtrait-il pas de l'addition des talents les plus remarquables de la gauche et de la droite ? La gravité de la situation ne commande-t-elle pas de combiner les bonnes idées de droite et les bonnes idées de gauche ? Et, suivez son regard, l'incarnation française de ce solide bon sens politique, c'est sa candidature... De cette posture, serait né, lit-on, un mouvement d'adhésion d'électeurs de gauche à la candidature Bayrou (1).
Or, à l'heure des bilans, François Bayrou propose pourtant un solide CV de ministre et de député de droite. Inspirateur de la révision de la loi Falloux et de la remise en cause de l'école publique, il parle désormais de la laïcité comme d'un «trésor national». François Bayrou a voté la réforme Fillon des retraites, la jugeant cependant trop timide car ne remettant pas en cause les régimes spéciaux. Il a soutenu toutes les politiques de réduction des cotisations sociales patronales, proposant même aujourd'hui la possibilité pour les entreprises de créer des emplois «sans charge». Il y a deux mois, les députés européens UDF, membres du groupe politique des libéraux européens, ont tous voté la directive Bolkestein qui accélère la dérégulation du modèle social français et la remise en cause des services publics.
François Bayrou a donc changé. C'est amusant, Sarkozy nous dit la même chose...
Pour étayer sa démonstration, François Bayrou vante l'exemple allemand. Il exalte le peuple allemand qui a «forcé» la CDU et le SPD à gouverner ensemble. L'imposture est totale. Ceux qui ont voté social-démocrate en Allemagne n'ont jamais souhaité cette alliance, pas davantage que ceux qui avaient voté conservateur pour ne plus voir Schröder au pouvoir. Les peuples sont étrangers à cette alliance. Ses seuls responsables appartiennent aux appareils respectifs de la CDU et du SPD. La grande coalition procède d'un accord négocié au cours de longues nuits, au terme d'un de ces marchandages de postes et d'attributions, au SPD le social, à la CDU la chancellerie, qui nourrit la défiance à l'égard de la démocratie.
Là où Bayrou voit la volonté des peuples de dépasser le clivage droite-gauche, il n'y a, en réalité, qu'un traditionnel jeu de donnant-donnant entre deux partis rivaux pour sortir d'une impasse politique et institutionnelle. Le 14 février, le magazine Stern publiait le verdict du peuple allemand : 57 % des sondés ne sont pas satisfaits du travail de leur gouvernement.
Tout juste peut-on observer qu'un vainqueur semble se détacher
de ce
deal. Les enquêtes montrent que le SPD accuse désormais un
retard de dix points sur la CDU dans les intentions de vote, alors
que les deux formations étaient au coude à coude en novembre 2005 à
la naissance de la coalition (source institut Forsa).
Sans s'arrêter sur le fait de savoir si ce modèle est
souhaitable, est-il simplement transposable dans notre pays ? Non.
Quoi qu'en dise Bayrou, le choix pour son parti n'existe pas. Il
n'a d'ailleurs jamais existé. Cette solution est impossible en
France, là où les députés UDF sont tous élus grâce à un accord de
désistement avec l'UMP. Inversement, propose-t-on sérieusement aux
électeurs socialistes d'élire demain un député de ce parti qui
célèbre encore ses glorieux anciens Giscard, Poniatowski ou
Lecanuet ?
Une fois le vent rebelle évanoui, il demeure une réalité incontournable : Bayrou appartient et doit tout à un seul camp. Toute voix de gauche qui se portera sur le candidat Bayrou sera immédiatement comptabilisée comme un soutien à une politique de droite. Pis, si, par conséquent, la droite venait à l'emporter, toute voix de gauche qui se sera portée sur Bayrou viendra grandir la légitimité électorale de la droite à, par exemple, remettre en cause le droit de grève ou augmenter le tribut payé par les salariés à la flexibilité du marché du travail.
Electeurs de gauche qui seraient tentés, exigez deux engagements de François Bayrou avant de valider votre choix : premièrement, s'il est éliminé du premier tour, François Bayrou doit appeler à voter Ségolène Royal en cas de duel avec Nicolas Sarkozy ; deuxièmement, lors des élections législatives, l'UDF ne passera pas d'accord de désistement réciproque avec l'UMP en faveur du candidat de droite le mieux placé au premier tour.
J'ai mon idée sur sa (non-) réponse...
François Bayrou est incontestablement un homme respectable. Mais ça n'est pas le sujet ici. Ce qui est en cause, c'est la clarté de son projet politique, la réalité de ses marges de manoeuvre et le chemin pour notre pays demain. Dès lors que le doute existe, le 21 avril 2002 vient rappeler aux électeurs de gauche que toutes les voix sont nécessaires dès le premier tour pour l'emporter et changer la donne. Ségolène Royal est le bon choix.
(1) Voir, entre autres, Libération du 22 février 2007, «Nous, spécialistes et Français de gauche...» p. 28.
16 février 2007
La campagne, Ségolène et le chiffrage...
Alors que dimanche, les journaux télévisés ont reconnus que le discours de Ségolène Royal à Villepinte contenait des éléments intéressants et que Ségolène avait su faire de cette journée une réussite ; il apparaît depuis une semaine que la presse propage l'idée que ce discours n'ai pas eu de résultat dans l'opinion et sur la mobilisation de la Gauche.
Les premiers sondages ont été publiés dans la journée de lundi. Il me semble qu'il est risible et même malhonnête de croire que ces sondages reflètent l'opinion des Français sur un ensemble de mesures qu'ils n'ont pas lu. En effet, les 100 propositions du Pacte présidentiel n'ont pas été encore diffusés largement auprès des Français.
Quant au chiffrage, cet exercice me semble toujours sujet à caution car comment prendre en considération tous les effets d'une mesure que ces effets soient directs ou indirects.
12 février 2007
une journée inoubliable
Depuis plusieurs jours, j'étais impatient, comme beaucoup, de connaître les propositions des forums participatifs qui seraient retenus par Ségolène Royal.
Devant plusieurs milliers de socialistes, Ségolène Royal a su fendre l'armure. En citant les propos, souvent émouvants, de certains participants des forums qui se sont tenus dans la France entière, elle a su toucher chacune des personnes présentes hier à Villepinte.
Avec un discours concret et fédérateur, elle a su mobiliser les socialistes. Au-delà des propositions, le fait marquant de ce discours est la force de conviction et la volonté politique de notre candidate de se faire la porte-parole des sans-voix. Alors que Nicolas Sarkozy se fait le porte -parole des plus aisés en remettant en cause l'impôt redistributeur, Ségolène Royal a réaffirmé la nécessité impérieuse pour un pays comme la France de s'occuper en priorité de ses citoyens les plus fragilisés.
Avec cette journée, une nouvelle phase de la campagne a démarré hier. Après la phase d'écoute, il est venu le temps de la phase de débat sur les 100 propositions de Ségolène Royal.
A bientôt dans les rues et sur les marchés !




