13 juillet 2007
Lang demande démission du PS: «C'est grotesque»
Après les «débauchages» de ténors socialistes par Nicolas Sarkozy, et
la démission fracassante de Jack Lang, pressenti pour faire partie
d’une commission sur les institutions, Benoît Hamon, député européen,
et porte-parole du PS pour les dernières élections législatives,
reconnaît que son parti connaît une crise, mais a bon espoir d’un
sursaut rapide.
Que pensez-vous des déclarations de Jack Lang qui appelle à une démission collective de la direction du PS?
Objectivement, je trouve ça un peu grotesque. C’est lui qui va accepter
de participer à une initiative de Nicolas Sarkozy, et c’est nous qui
devons démissionner? C’est très curieux, et je crois qu’il faut que
cela s’arrête. En démissionnant, il a pris les devants d’une décision
qui allait de toute façon s’imposer à lui rapidement. C’est normal, sur
des décisions aussi importantes, c’est la délibération collective qui
prime. Surtout qu’on sait que Lang est un des seuls à ne pas partager
le point de vue du PS sur la question présidentialiste (Jack Lang est
favorable à un régime présidentiel).
Mais cela fait tout de même beaucoup…
Non, pas tant que cela, mais cela fait beaucoup de bruit. Jack Lang
était quand même ministre du premier septennat de François Mitterrand.
Des crises, nous en avons déjà rencontrées. Nous sommes manifestement
dans une fin de cycle qui se passe d’autant plus mal qu’elle arrive
après une défaite. Mais les fondations sont solides. Il y a un désir de
gauche, un besoin de gauche qui existe toujours. Cela va se manifester,
assez rapidement, plus rapidement d’ailleurs que ceux qui ont fait le
choix de travailler avec Sarkozy le pensent. On verra à la rentrée des
voix s’élever pour condamner les conséquences des politiques qui sont
mises en œuvre.
Mais pour l’instant, vous êtes inaudibles…
Pour l’instant, nous sommes encore dans les annonces, et les politiques
ne font pas encore sentir leurs effets. Prenons l’exemple du discours
de Sarkozy sur le traité européen. Pendant les deux-tiers de son
discours, il a parlé de lutte contre le dumping fiscal, de politique
monétaire, autant de choses qui ne sont pas dans le traité. Sarkozy
parle d’une chose, mais il en fait une autre.
Mais n’est-ce pas très déstabilisant pour le PS?
Oui !, et ceux qui nous font le plus mal sont ceux qui sont issus de notre propre camp.
Et comment réagir?
Nous devons travailler plus. Nous ne travaillons pas assez. Il y a des
béances dans la pensée de gauche, et il faut les combler, trouver des
solutions plus adaptées. On doit pouvoir aborder les questions de la
lutte contre les inégalités, le partage des richesses… Ces problèmes
existent toujours.
Commentaires
Ces bavardages infinis des malheureux socialistes sont vraiment insupportables. Quel crime cela peut-il représenter que de participer à une commission en charge d'élaborer une réforme des institutions ?
Attendons au moins que la commission ait livré ses recommandations avant de porter des jugements à l'emporte-pièce.
Quant au reste, je félicite le sieur Hamon pour sa lucidité relativement aux béances du PS et de la gauche en général.
Ce que je dénonce n'est pas la participation d'un responsable socialiste à une commission sur la réforme des institutions.
Au contraire, il était normal que un ou plusieurs membres de tous les partis politiques (ou tout du moins des plus importants d'entre eux) soient présents dans cette commission.
Mais ce qi n'est pas acceptable c'est d'abord la façon dont les membres d'une commission aussi importante ont été désignés. Si le président est le seul à décider quels sont les experts qui en feront partie. Pour les membres issus des partis politiques, il est normal et républicain que ce soit ces partis politiques qui désignent des mandants.
Cela est d'autant plus vrai que le choix de Jack Lang est pour le moins orienté. En effet, ce dernier n'a jamais caché qu'il était favorable à une présidentialisation encore plus importante de la Vème République alors même que les orientations du PS depuis plusieurs années sont la recherche d'une parlementarisation plus grande de nos institutions.
En conséquence, les propositions de cette commission n'engagera que ces membres et non les partis dont certains sont issus. Cela est d'autant plus vrai pour les thèses que défendra Jack Lang dans les débats de cette commission. Or cette question de la réforme de nos institutions méritait mieux.
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