29 octobre 2007
De la nécessité de constituer un rapport de force
Depuis l'élection présidentielle, le Parti Socialiste est assommé par la défaite de la Présidentielle. Alors que depuis fin 2006, les médias et les instituts de sondage ont fait pensé que l'élection présidentielle était gagnée, les militants du PS y ont cru et ont désigné leur candidate en fonction des sondages et du caractère "moderne" célébré par les médias. La défaite est apparue d'autant plus dure à admettre par les militants que la candidate l'a escamotée en refusant de la reconnaitre.
La séquence ségoléniste n'est bien sûr pas terminée puisque la protagoniste principale entend, semble-t-il, conquérir le PS à l'occasion du prochain congrès. Cependant le refus d'analyser la défaite et ses causes plonge le PS et ses militants dans un attentisme délétère.
Cet attentisme est, par ailleurs, renforcé par la stratégie "d'ouverture" mise en oeuvre par le président Sarkozy. En effet, cette stratégie a renforcé le combat d'égo entre les principaux concurrents au leadership socialiste. Et, parallèlement, le débat interne au PS en a été étouffé car chacun est tétanisé par la peur d'affirmer haut et fort sa volonté de se battre contre la politique réactionnaire (au sens d'une réaction contre les principes et les acquis de la vie politique française depuis 60 ans) de la Droite sarkozyste.
Dans les jours et les semaines à venir, les socialistes auront à se positionner sur 2 questions : le traité européen adopté à Lisbonne, et la réforme des institutions.
Le 1er de ces points sera celui qui se présentera le premier devant le Parlement. Face aux tergiversations actuelles, il est impératif que les socialistes reprennent leur engagement de la Présidentielle : celui de la demande de la convocation d'un référendum. Le traité constitutionnel européen a été rejeté par les Français par référendum. Les socialistes ne peuvent pas demander moins. Ce traité ne comporte que peu de changement par rapport au TCE, mais il nécessite un vrai débat dans notre pays et non une adoption à la va-vite.
La réforme des institutions proposée par la commission Balladur peut apparaître séduisante mais elle est trompeuse. Elle comporte une certitude (le renforcement des pouvoirs présidentiels) et une promesse incertaine (l'augmentation des prérogatives du Parlement). Cependant, le renforcement des pouvoirs du Parlement sont bien en deçà des mesures minimales qui étaient attendues (stricte limitation du cumul des mandats, dose de proportionnelle significative...). Si le PS a dit que cette réforme n'est pas la bonne et ne saurait être adoptée par les socialistes en l'état. Il est temps pour nous de nous en expliquer devant les Français.
Face à ces deux textes, les socialistes doivent mener le combat et non pas baisser les bras comme certains de nous l'ont déjà fait. Nous devons construire le rapport de force afin de permettre sur chacune de ces question l'émergence d'un mouvement fort dans l'opinion et cela dans un contexte où le gouvernement actuel a déjà démontré qu'il craignait l'opinion publique.
Commentaires
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=112201&pid=6708427
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :




