Gérard SUSS, militant socialiste

Membre du Parti Socialiste, je veux faire de ce blog un espace pour mieux faire connaitre les activités et les positions d'un militant politique N'hésitez pas à y mettre un commentaire, une critique, un élément de débat !

29 octobre 2007

De la nécessité de constituer un rapport de force

Depuis l'élection présidentielle, le Parti Socialiste est assommé par la défaite de la Présidentielle. Alors que depuis fin 2006, les médias et les instituts de sondage ont fait pensé que l'élection présidentielle était gagnée, les militants du PS y ont cru et ont désigné leur candidate en fonction des sondages et du caractère "moderne" célébré par les médias. La défaite est apparue d'autant plus dure à admettre par les militants que la candidate l'a escamotée en refusant de la reconnaitre.

La séquence ségoléniste n'est bien sûr pas terminée puisque la protagoniste principale entend, semble-t-il, conquérir le PS à l'occasion du prochain congrès. Cependant le refus d'analyser la défaite et ses causes plonge le PS et ses militants dans un attentisme délétère.

Cet attentisme est, par ailleurs, renforcé par la stratégie "d'ouverture" mise en oeuvre par le président Sarkozy. En effet, cette stratégie a renforcé le combat d'égo entre les principaux concurrents au leadership socialiste. Et, parallèlement, le débat interne au PS en a été étouffé car chacun est tétanisé par la peur d'affirmer haut et fort sa volonté de se battre  contre la politique réactionnaire (au sens d'une réaction contre les principes et les acquis de la vie politique française depuis 60 ans) de la Droite sarkozyste.

Dans les jours et les semaines à venir, les socialistes auront à se positionner sur 2 questions : le traité européen adopté à Lisbonne, et la réforme des institutions.

Le 1er de ces points sera celui qui se présentera le premier devant le Parlement. Face aux tergiversations actuelles, il est impératif que les socialistes reprennent leur engagement de la Présidentielle : celui de la demande de la convocation d'un référendum. Le traité constitutionnel européen a été rejeté par les Français  par référendum. Les socialistes ne peuvent pas demander moins. Ce traité ne comporte que peu de changement par rapport au TCE, mais il nécessite un vrai débat dans notre pays et non une adoption à la va-vite.

La réforme des institutions proposée par la commission Balladur peut apparaître séduisante mais elle est trompeuse. Elle comporte une certitude (le renforcement des pouvoirs présidentiels) et une promesse incertaine (l'augmentation des prérogatives du Parlement). Cependant, le renforcement des pouvoirs du Parlement sont bien en deçà des mesures minimales qui étaient attendues (stricte limitation du cumul des mandats, dose de proportionnelle significative...). Si le PS a dit que cette réforme n'est pas la bonne et ne saurait être adoptée par les socialistes en l'état. Il est temps pour nous de nous en expliquer devant les Français.

Face à ces deux textes, les socialistes doivent mener le combat et non pas baisser les bras comme certains de nous l'ont déjà fait. Nous devons construire le rapport de force afin de permettre sur chacune de ces question l'émergence d'un mouvement fort dans l'opinion et cela dans un contexte où le gouvernement actuel a déjà démontré qu'il craignait l'opinion publique.

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23 octobre 2007

Priorité à Gauche !

Les 12, 13 et 14 octobre derniers, le NPS a tenu son université de rentrée à Labège près de Toulouse. Ces journées ont été l'occasion de revenir sur l'avenir à construire pour la Gauche française.

Je n'ai pas pu me rendre à Labège mais je vous invite à faire comme moi et de visionner les vidéos réalisées lors de ces journées. Je vous propose de voir d'abord l'intervention de Benoît Hamon, député européen et porte-parole du NPS :


Intervention de Benoît Hamon
envoyé par Priorites-a-gauche


Intervention de Benoît Hamon 2
envoyé par Priorites-a-gauche


En cliquant sur le lien suivant vous pourrez visionner l'ensemble des vidéos réalisées durant ce week-end :
http://www.dailymotion.com/Priorites-a-gauche

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10 octobre 2007

Lancement des Municipales à Paris

Les militants du PS de Paris se sont réunis lundi 8 octobre à La Mutualité pour assister à l'AG de présentation des candidatures à la Mairie de Paris.

Sans surprise, il n'y avait q'un seul candidat ! Bertrand Delanoë.

Le débat a donc été réduit. Mais au-delà des quelques interventions ce qui m' a paru intéressant c'est l'attitude et la démarche du maire de Paris. Alors qu'il pourrait se glorifier d'un bon bilan et commencer sa campagne sur ce bilan, Bertrand Delanoë a choisi de tracer des pistes de réflexions pour les mois à venir.

Il a choisi jusqu'à la fin de l'année d'aller à la rencontre de toutes les parisiennes et de tous les parisiens en organisant des réunions thématiques dans chaque arrondissement. Vous en trouverez d'ailleurs le programme sur son site internet.


Bertrand Delanoë 3 octobre 2007
envoyé par bertranddelanoe


Par ailleurs, c'est en refusant de faire une campagne politicienne que Bertrand Delanoë a choisi de solliciter les suffrages des habitants de la Capitale.

Pendant 6 ans, l'équipe actuelle a eu à coeur de rendre son honneur à Paris après les affaires qui l'avait ébranlé tout au long des années 1990. La Gauche à Paris, c'est d'abord et avant tout une autre manière de faire de la politique : proposer, débattre, décider et rendre compte.

        - Proposer, la démarche se poursuit car les rencontres à venir seront l'occasion pour Bertrand Delanoë et tous les socialistes d'exposer les perspectives pour 2008-2014 qui a été élaborer.

        - Débattre ensuite, au sein de ces réunions les Parisiens et les Parisiennes pourront critiquer et enrichir le projet.

       - Décider, car ce sont les élus de la majorité qui devront fixer les priorités de la mandature prochaine, comme ils ont su le faire tout au long de la mandature qui s'achève, avec le soucis de mener des politiques au service de la population mais aussi de gérer de manière rigoureuse.

       - Rendre compte, enfin, tout au long de la mandature, chaque année, Bertrand Delanoë a fait des comptes-rendus de mandat dans chaque arrondissement.

Les mois à venir seront riches et essentiels pour la campagne à venir, alors rejoignez nous ! Participez à cette campagne !

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05 octobre 2007

Les municipales à Paris

Hier avait lieu dans ma section , l'assemblée générale de présentation des candidatures à la tête de liste dans le 19ème arrondissement de Paris. Les deux candidats (Roger Madec, maire sortant, et Edmon Aparicio) ont présenté les motifs pour les quels ils briguaient la tête de liste.

Ensuite, les militants présents ont pu donné leur sentiment, exprimer leur soutien à l'un des candidats ou poser des questions sur des thèmes qui leur tiennent à coeur.

A part les auto-congratulations de rigueur sur un bilan méritant, 2 interrogations majeures ont été exposées : d'une part la nécessité de continuer l'action en faveur des plus défavorisés dans un arrondissement populaire, et la demande de clarté sur les alliances politiques à bâtir (notamment vis à vis du MODEM).

C'est d'ailleurs sur ce dernier point que je suis intervenu en fin d'AG.

En effet, dans un contexte politique où la Droite décomplexée ose tout même l'immonde (les tests ADN, la chasse aux étrangers...), et alors que l'élection municipale parisienne ne sera pas seulement un enjeu local mais aussi et surtout un enjeu national ; il est important pour le PS parisien, pour Bertrand Delanoë et les futures têtes de liste socialistes d'affirmer quelle sera leur attitude face à la confusion qui existe depuis le printemps sur le positionnement du Parti face à la Droite et au Centre.

Les débauchages opérés  par Sarkozy pour former son gouvernement ont jeté un trouble tant dans le Parti que dans l'opinion publique auprès des éléecteurs. Il convient aujourd'hui et durant la campagne de réaffirmer que les valeurs socialistes ne sauraient être confondues avec celle de la Droite sarkozyste. Nos valeurs ne sont pas de celles qui conduisent à stigmatiser les étrangers, les malades ou les chômeurs.

Pour ce qui est du MODEM, l'attitude de notre candidate en fin de campagne électorale a aussi été pleine de confusion quant à son positionnement politique. Si le MODEM peut nous retrouver sur des sujets précis, il ne faudrait pas en conclure qu'un alliance est possible. En effet, les valeurs et les positions anciennes et récentes de ce parti sont celles de la Droite au plan économique habillée par un voile pudique plus libéral (au sens de progressiste)  sur le plan sociétal. Mais en réalité la politique économique de Bayrou ne serait pas très différente de celle de Sarkozy. Par ailleurs, au plan local, comment le PS pourrait être allié à un parti dont les membres parisiens ont souvent été les fidèles soutiens de Jacques Chirac de 1977 à 1995 et de Jean Tibéri de 1995 à 2001.

Un éclaircissement sur ces deux points est donc nécessaires.

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06 septembre 2007

Les rencontres de la refondation

Le Nouveau Parti Socialiste organise du 12 au 14 octobre 2007 les rencontres de la refondation à Labège (près de Toulouse). Vous pouvez vous inscrire à ces rencontres en cliquant sur la bannière suivante :
logo_270x110

Programme provisoire des rencontres

Priorités à gauche


Vendredi 12 octobre :

à partir de 14h : accueil

17h - 20h : séance plénière

après 20h : soirée libre (repas non pris en charge)


Samedi 13 octobre :

10h - 12h30 : séance plénière

12h30 - 14h30 : repas libre (non pris en charge)

14h30 - 16h30 : ateliers

16h30 - 17h30 : comptes rendus des ateliers

17h30 - 19h30 : séance plénière

après 20 h : repas et soirée festive


Dimanche 14 octobre :

10h - 12h30 : débat et conclusion

Des informations supplémentaires (programmme, comment s'y rendre...) seront disponibles prochainement à l'adresse suivante :
http://universites.nouveau-ps.org/spip.php?article3

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04 septembre 2007

La Rochelle !

Pour ceux qui l'ignorent encore, se tient tous les ans à la Rochelle à la fin du mois d'août (prononcez [ou] ou [out] selon le CSA et mon ami JJU), l'université d'été du PS. Cette année, l'important selon la presse et les chroniqueurs politiques étaient  :

1 - le comportement respectif de Ségolène et de François,
2 - l'absence de certains dirigeants,
3 - l'affrontement des anciens (les éléphants) et des modernes (les lions),
et subsidiairement examiner si les socialistes avaient travaillé sur le diagnostic de la situation politique du PS.

Pour ma part, je n'ai pas pu me rendre à cette grande raout annuel. Mais en suivant l'actualité et en lisant les posts de certains de mes amis, il me semble que l'élément essentiel de cette université d'été est le fait que les militants se sont emparés des questionnements qui touchent le PS.

Les commentateurs nous disent que ces interrogations n'ont pas encore de réponse. Mais cela me semble tout à fait normal après la défaite importante de la Présidentielle et du séisme qu'elle a provoquée. Comme je l'écrivais dans un précédent message, il nous faudra plusieurs mois pour  arriver à un diagnostic abouti et à une ébauche crédible de programme.

En attendant, je vous propose de visionner les vidéos suivantes qui vous donneront l'ambiance de l'université d'été de La Rochelle et les réactions de certains de mes amis militants.

D'abord une vidéo capturée sur le blog de Nicolas Voisin, un blog intéressant découvert grâce à mon ami Sylvain dont vous retrouverais la réaction à La Rochelle ensuite :


Nouvelle Vague Socialiste
envoyé par niconues


Sylvain Elies
envoyé par PS29

Pour visionner les réactions en vidéo d'autres militants socialistes du Finistère en cliquant sur le lien suivant :

http://www.ps29.org/article/articleview/1962/1/114/

Et enfin une vidéo avec Benoît Hamon à La Rochelle


Quelques pas avec Benoît Hamon
envoyé par niconues

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27 août 2007

"Il y a des droits qui ne donnent pas de devoirs. "

Ce matin, lundi 27 août 2007, Benoît Hamon était l'invité du matin de RFI :

« Je ne suis pas d’accord avec cette dénonciation du PS de l’assistanat aujourd’hui, c’est un discours de droite... Je veux aussi qu’on revienne sur ce discours du "donnant-donnant", il y a des droits qui ne donnent pas de devoirs. »

Ecoutez l’émission :

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13 juillet 2007

Lang demande démission du PS: «C'est grotesque»

20minAprès les «débauchages» de ténors socialistes par Nicolas Sarkozy, et la démission fracassante de Jack Lang, pressenti pour faire partie d’une commission sur les institutions, Benoît Hamon, député européen, et porte-parole du PS pour les dernières élections législatives, reconnaît que son parti connaît une crise, mais a bon espoir d’un sursaut rapide.

Que pensez-vous des déclarations de Jack Lang qui appelle à une démission collective de la direction du PS?
Objectivement, je trouve ça un peu grotesque. C’est lui qui va accepter de participer à une initiative de Nicolas Sarkozy, et c’est nous qui devons démissionner? C’est très curieux, et je crois qu’il faut que cela s’arrête. En démissionnant, il a pris les devants d’une décision qui allait de toute façon s’imposer à lui rapidement. C’est normal, sur des décisions aussi importantes, c’est la délibération collective qui prime. Surtout qu’on sait que Lang est un des seuls à ne pas partager le point de vue du PS sur la question présidentialiste (Jack Lang est favorable à un régime présidentiel).hamon_1

Mais cela fait tout de même beaucoup…
Non, pas tant que cela, mais cela fait beaucoup de bruit. Jack Lang était quand même ministre du premier septennat de François Mitterrand. Des crises, nous en avons déjà rencontrées. Nous sommes manifestement dans une fin de cycle qui se passe d’autant plus mal qu’elle arrive après une défaite. Mais les fondations sont solides. Il y a un désir de gauche, un besoin de gauche qui existe toujours. Cela va se manifester, assez rapidement, plus rapidement d’ailleurs que ceux qui ont fait le choix de travailler avec Sarkozy le pensent. On verra à la rentrée des voix s’élever pour condamner les conséquences des politiques qui sont mises en œuvre.

Mais pour l’instant, vous êtes inaudibles…
Pour l’instant, nous sommes encore dans les annonces, et les politiques ne font pas encore sentir leurs effets. Prenons l’exemple du discours de Sarkozy sur le traité européen. Pendant les deux-tiers de son discours, il a parlé de lutte contre le dumping fiscal, de politique monétaire, autant de choses qui ne sont pas dans le traité. Sarkozy parle d’une chose, mais il en fait une autre.

Mais n’est-ce pas très déstabilisant pour le PS?
Oui !, et ceux qui nous font le plus mal sont ceux qui sont issus de notre propre camp.

Et comment réagir?

Nous devons travailler plus. Nous ne travaillons pas assez. Il y a des béances dans la pensée de gauche, et il faut les combler, trouver des solutions plus adaptées. On doit pouvoir aborder les questions de la lutte contre les inégalités, le partage des richesses… Ces problèmes existent toujours.

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09 juillet 2007

L'avenir du PS : ouverture ou débauchage ?

Dès le lendemain des élections présidentielles, Nicolas sarkozy a fait du débauchage individuel une marque de fabrique. Au-delà de la stratégie du coup médiatique, cette démarche par le succès qu'elle rencontre à gauche est préoccupante. Elle est la preuve de la perte de repères de certains de nos dirigeants. Elle est affligeante.

Cette démarche et son acceptation par certains ont comme effet de rendre encore plus difficile le nécessaire travail de réflexion sur la rénovation de notre parti et de la Gauche. A terme, cette propension de certains d'entre nous a accepter les postes proposés par le président de la République ne peut que décrédibiliser le PS.

Il devient donc urgent de redonner au PS et à la Gauche les outils idéologiques de sa refondation. Dans cette optique, Benoît Hamon, nouveau porte-parole du PS et membre du NPS, vient de lancer un appel à la constitution d'un think tank : "la forge".

Vous trouverez ci-dessous le portrait de Benoit Hamon par Matthieu Croissandeau paru dans le n°2226 du Nouvel Obs :

Il lance sa fondation cet été...
Hamon, la relève
Bombardé « porte-parole », on l'écoute, on le courtise. Certains voient déjà en lui un futur premier secrétaire

Après les « éléphants » et les « jeunes lions », un nouveau quadrupède a fait son apparition dans le bestiaire socialiste : la « chèvre » ! Le jeune député européen Benoît Hamon en a fait sa mascotte au point de la faire figurer en tête de son blog. Mais qu'on ne s'y trompe pas. L'animal est moins doux qu'il n'y paraît, comme le précise une citation de l'écrivain malien Amadou Hampâté Bâ, publiée en guise d'avertissement : « Si tu vois une chèvre devant la tanière du lion, aie crainte de la chèvre »... hamon_tribune

Qui a peur de Benoît Hamon ? La question ne se pose pas aujourd'hui en ces termes. Plus connu dans son parti que par le grand public, ce socialiste qui vient de fêter ses 40 ans n'est pas encore en mesure de faire trembler ses camarades. Mais c'est l'homme dont on parle de plus en plus au PS. Dans un parti très critiqué pour ne pas avoir su faire émerger de nouveaux visages, le secrétaire national au projet européen incarne avec quelques autres la relève. Bombardé « porte-parole » sans le titre, au lendemain de la défaite du 6 mai, c'est lui qui tient désormais les traditionnels points de presse. On l'écoute, on le courtise comme jamais auparavant. Au point que certains, dans l'entourage de François Hollande notamment, laissent même entendre qu'il pourrait avoir le profil d'un prochain premier secrétaire !

« Tout cela n'est pas sérieux », sourit ce jeune homme brun au regard clair, qui sait combien d'hypothétiques candidatures se sont fracassées dans des parties de billard à trois bandes. Le Parti socialiste, il le connaît bien. Pour ainsi dire, il n'a même connu que ça depuis vingt ans. Fils d'un ouvrier des chantiers navals et d'une secrétaire, il a poussé les portes de la section socialiste de Brest en 1987 au lendemain des manifestations étudiantes contre le projet de réforme des universités d'Alain Devaquet. Il en garde le souvenir d'avoir été plus formaté que formé. « Je suis tombé chez des rocardiens , en trois mois je détestais Mitterrand ! », raconte-t-il.

Benoît Hamon est à l'époque plus loup que chèvre. En 1993, il prend les rênes du Mouvement des Jeunes socialistes ( MJS ) et se forge une zone d'influence dans les organisations de jeunesse de gauche dont les papes s'appellent alors Jean-Christophe Cambadélis ou Julien Dray. Son militantisme a raison de ses études de sciences éco, mais qu'importe. En 1995, Jospin l'appelle pour prendre en main sa campagne jeunes. Il y rencontre Martine Aubry qui l'invitera à rejoindre son cabinet au ministère de l'Emploi en 1997. Dix ans plus tard, et malgré leur désaccord lors de la bataille du référendum sur le traité constitutionnel européen en 2005, la maire de Lille ne tarit pas d'éloges sur les qualités de ce « garçon fin, ouvert et structuré politiquement », dont elle est restée proche. Après la défaite de Jospin en 2002, il rejoint les fondateurs du courant Nouveau Parti socialiste ( NPS ), Arnaud Montebourg, Vincent Peillon et Julien Dray, qui y restera moins d'un an. Opposant déclaré à la ligne majoritaire défendue et incarnée par François Hollande, plus à gauche et très porté sur les questions institutionnelles, le NPS s'impose en 2005 comme le deuxième courant du PS au congrès du Mans. Entre Peillon et Hamon se nouent une complicité intellectuelle et une amitié quasi filiale, même si sept années les séparent seulement. Las. En 2006, le premier choisit Royal quand le second finit par voter Fabius lors de la primaire interne. La rupture amicale se double d'une bataille peu reluisante pour conserver les clés de la maison. « Aujourd'hui le NPS est mort, nous l'avons tous tué », constate Hamon, qui ne renie rien de cette expérience dont il est sorti « enrichi intellectuellement » .

Très applaudi lors du dernier conseil national le 23 juin, Benoît Hamon jouit d'une bonne popularité dans le parti mais ne dispose pas encore des troupes suffisantes pour voir plus loin. « C'est un très bon, encore en gestation, souligne Pierre Moscovici qui l'a côtoyé au Parlement européen. Il lui reste toutefois à moins s'occuper de la jeunesse et à achever un travail de fond. »

Peu convaincu par Ségolène Royal, à qui il reproche d'avoir donné une nouvelle légitimité à la droite en axant sa campagne sur des thématiques conservatrices comme l'ordre juste ou le donnantdonnant, Hamon compte bien prendre toute sa part à la réinvention de la gauche. Il envisage de lancer cet été une fondation qui ne soit pas « une société savante de plus » mais un lieu de débat ouvert à une centaine d'universitaires, experts, élus, syndicalistes et hauts fonctionnaires pour permettre au PS de se réarmer culturellement ( 1 ). Le député européen, qui aime la confrontation, se targue de vouloir« mettre des angles là où d'autres choisissent des rondeurs » . Il devrait pouvoir s'y essayer dès l'automne prochain... sur le terrain, à l'occasion de la coupe du monde de rugby parlementaire, où il affrontera, en tant qu'ailier, ses homologues d'Afrique du Sud ou de Nouvelle-Z élande !

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03 juillet 2007

Assemblée générale du NPS 75

Le NPS 75 organise une assemblée générale le :


Jeudi 5 juillet 2007 à 19h30

à l'Espace Confluences

au 190 Bd de Charonne
dans le 20ème arrondissement

Métro Alexandre Dumas

Ce moment sera l'occasion de revenir sur la séquence politique qui vient de s'achever : celle des élections présidentielles et législatives. L'assemblée générale sera aussi un moment de préparation des débats à venir dans le Parti Socialiste

Le texte qui suit a été adopté par les membres du NPS des instances fédérales. Il constitue une base intéressante au débat :

La défaite est lourde, la défaite est triste. Ce texte répond à un besoin immédiat d’exprimer notre envie de comprendre. Il n’a la seule ambition que d’être une première contribution à la  nécessaire réflexion collective qui nous attend bientôt. Il ne veut s’en prendre à  personne si ce n’est à nous tous : comment avons-nous pu perdre cette élection présidentielle ? Comment avons-nous pu laisser Sarkozy devenir président après cinq années de gouvernement de droite très impopulaire ? Comment avons-nous laissé échapper la victoire après tant de mouvements sociaux et d’élections intermédiaires gagnées ? Le bilan de la campagne présidentielle devra être fait mais nous savons que notre échec vient de plus loin, qu’il a des causes structurelles, qu’il est l’aboutissement d’un lent recul politique et culturel face aux libéraux. La gauche ne doit pas dire « charge sociale » mais « cotisation », elle ne doit plus avoir peur d’affirmer ses valeurs d’égalité quand en face on s’assume parfaitement, elle doit reconquérir les cœurs mais surtout les têtes.

1/Evitons les faux-débats 

Ce n’est pas seulement Ségolène Royal et les socialistes qui ont subi une lourde défaite lors de l’élection présidentielle, c’est toute la gauche qui est menacée de marginalisation. Ceux qui cherchent une solution dans une « modernisation » libérale de la Gauche se trompent tout autant que ceux qui veulent la pousser vers la radicalité. Evitons les faux-débats : la nature réformiste et sociale-démocrate du PS est une réalité depuis au moins vingt ans, on peut même dire qu’elle est celle de la Gauche toute entière pour au moins 90% de ses acteurs, militants et surtout électeurs. En effet, les mêmes questions sont posées à toute la Gauche en France mais partout ailleurs aussi : comment assurer dans le cadre d’une économie capitaliste plus ou moins mondialisée des politiques démocratiques de justice sociale et promouvant l’intérêt commun et notamment celui des plus modestes ? Comment assurer la victoire du long terme sur la courte vue du marché dont la menace la plus évidente est l’accroissement des menaces écologiques ? Comment construire des relations internationales équilibrées permettant la reconnaissance, le développement et la dignité de tous ? 

2/ Une lente défaite sociale et culturelle 

La Gauche n’est plus idéologiquement majoritaire, y compris dans les classes sociales les plus modestes. Les mutations du capitalisme de la fin des années 70, les changements géo-politiques majeurs de l’après-guerre froide ont brisé le fragile rapport de force social qui existait dans les pays développés du « monde libre » de l’époque. La casse du cadre keynésien de la régulation macro-économique est alors en route permettant aux détenteurs de capitaux de prendre leur formidable revanche contre l’Etat social établi dans les années de la Grande Dépression des années 30. C’est le début de la grande vague « néo » libérale dénonçant tout frein à un marché doté de toutes les vertus. La « mondialisation » commence alors, brisant  la possibilité pour les salariés de se défendre par la création d’une concurrence toujours plus grande entre travailleurs. La libéralisation des marchés financiers annule les armes traditionnelles des peuples pour se protéger contre les investissements à court terme. L’entrée dans la division internationale du travail de la Chine et de l’Inde est le prétexte à un partage toujours plus inégal de la valeur ajoutée entre capital et travail. 

Ce renforcement considérable du capital a aussi des conséquences idéologiques et culturelles lourdes. Il se traduit par une destruction confuse mais énergique des présupposés même des idéaux de progrès. La mise au pas des médias, la dévalorisation de la culture et de la réflexion au profit de l’ « action », le dénigrement du collectif par rapport à l’individu, la destruction de toute théorie critique au nom d’une idéologie « anti-totalitaire » sans réel contenu, sont quelques aspects des processus qui amènent les populations à ne plus croire qu’à la compétition, ou au mieux à la charité. La voie est ouverte alors pour opposer les catégories populaires entre elles : immigrés contre « petits blancs », smicards contre Rmistes, travailleurs pauvres contre chômeurs. On remplace l’axe vertical Capital-Travail par un axe horizontal travailleurs-« inactifs » tendant à ériger la tyrannie des actionnaires comme un fait inébranlable contre lequel « on ne peut rien faire ». 

Sans doute cette première phase du nouveau capitalisme se termine, les remises en cause, même partielles, du libre-échange intégral se font jour, l’ère des « blocs » géo-économiques commence peut-être… Ne soyons pas encore en retard d’une analyse.

La gauche social-démocrate n’est pas exempte de contamination, ni en France, ni ailleurs. Les créations de gauches « modernes », valorisant le sociétal (dans un sens laxiste ou autoritaire peu importe) pour ne plus rien dire du social ou dogmatisant la construction européenne pour l’utiliser comme idéologie de remplacement ont été le signe de cet affaiblissement. 

Les naissances de « troisièmes voies » auto-proclamées sont les paravents à un renoncement fondamental : la gauche est vaincue car elle est persuadée des axiomes de l’adversaire. Il ne s’agit plus de construire démocratiquement et progressivement un rapport de force plus favorable au travail mais d’adoucir et d’humaniser une domination capitaliste toujours plus réelle mais qui disparaît dans le firmament des « contraintes ». 

3/ Reconstruire. 

Il faut donc remettre la social-démocratie en mouvement en la réarmant théoriquement et pratiquement, en organisant sa contre-offensive culturelle et organisationnelle. 

Allons même plus loin, c’est toute la gauche qu’il faut reconstruire en brisant les anciennes frontières pour faire émerger une force neuve, conquérante et fédératrice, un nouveau mouvement ou parti sûr et fier de ses valeurs et de son projet. 

D’un certain point de vue, la victoire de Nicolas Sarkozy nous montre la voie par sa reconstruction idéologique de la Droite, sa volonté d’en finir avec un « recentrage » démobilisant pour assumer sans complexe ses valeurs et ses thèmes. Il a voulu gagner culturellement la bataille politique avant de vaincre électoralement. Ainsi, il a pu s’assurer un soutien inconditionnel de ses électeurs traditionnels, se permettant ensuite le luxe d’aller chercher ses électeurs ailleurs : à l’extrême-droite, au centre mais même, disons-le, à gauche aussi. Doit-on se satisfaire que ce soient la France du Nord et de l’Est qui plébiscitent Sarkozy, c'est-à-dire la France des grandes industries sinistrées, des campagnes inquiètes quand nous faisons nos meilleurs scores dans la France « soft » des moyennes villes dynamiques de l’ouest, au chômage encore assez bas, aux universités modernes et en pleine ascension ? La Gauche ne peut-elle que représenter les couches intellectuelles, les catégories populaires des cités des grandes villes et les artistes des centres urbains ? 

La course au centre qui nous est proposée est la même erreur que celle commise par les démocrates américains depuis la défaite de Clinton : la politique comme une addition tactique de voix. Certes, il faut écouter la société et ses souffrances mais il faut surtout lui affirmer avec force ce que nous voulons, nous devons gagner dans les têtes avant de gagner dans les urnes. La gauche ne peut se contenter d’être une anti-droite. 

Pour cela, il nous faut agir dans l’ordre : organiser une résistance forte au sarkozysme triomphant lors des législatives de Juin, rassembler ensuite de grandes assises de tous ceux et celles qui veulent reconstruire une perspective progressiste dans  notre pays, créer alors un nouveau cadre politique rassemblant l’essentiel de la gauche.

 Les questions de leaderships viendront en leur temps. Commencer par elles c’est abaisser ce que nous sommes, mépriser le peuple et désespérer nos militants, sans doute il y a-t-il mieux à faire.

Les membres des instances fédérales du PS Paris : 

Guillaume Balas, Fabien Badinier, Corine Barlis, Olivier Berthelot, Murielle Blaisse, Julien Bobot, Jeanne Bot, Nicolas Braemer, Stéphane Bretout, Fanelie Carrey-Conte, Sandrine Charnoz, Pascal Cherki, Olivier Daronnat, Virginie Daspet, Soulé Diawara, Claire Edey, Aude Evin, Léa Filoche, Lauren Gimenez, Frédéric Hocquard, Catherine Joly, Fabrice Labroille, Stéphane Lovisa, Thierry Malarde, Lucie Marinier, Isabelle Martin, Nathalie Maquoi, Claire Morel, Yannick Pain, Carine Petit, Emilie Pouradier, Axel Rabourdin, Rodolphe Raphaël, Marie-José Raymond-Rossi, Bastien Recher, Delphine Rouilleault, Ambroise Solomon, Laurent Touzet, Julie Tartarin, Pauline Veron, Alexandre Wattiez.

Posté par gerard_paris à 21:31 - actualités PS - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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